Histoire des gabares et des gabariers sur la rivière Lot

Les gabares

Au temps où la remontée au-delà de Cahors était impossible, on ne trouvait sur la première section du Lot que des embarcations grossièrement construites dont les maîtres de bateaux se défaisaient une fois arrivés à destination.  
Jusqu'au milieu du 19e siècle, les bateaux ont un fond très étroit et une partie supérieure très large. Ils ne peuvent porter une charge lourde qu'avec un fort tirant d'eau.
Ensuite, les bateaux à fond plat, solides et pontés, remplacèrent les précédents. Ils ne pouvaient dépasser 28 mètres de longueur, étant donné le gabarit des écluses.
En  1875, on dénombre 62 gabares et  6 "passe-cheval" (bateau servant à transporter les chevaux d'un coté à l'autre de la rivière) dans le département du Lot.

 

Les gabariers

Toute une petite société vivait de la batellerie : les tireurs de gabare à la corde sur les chemins de halage et les marins formaient une classe intermédiaire dominée par les maîtres de bateaux, entrepreneurs possédant quelques embarcations. Aux escales ils couchaient à bord sous une bâche, ou dans des auberges de mariniers. Les travailleurs de la rivière ne consacraient qu'une partie de leur vie à cette tâche rude et aventureuse.
La tenue des matelots du Lot au 19e siècle se composait d'une culotte de toile, d'une veste bleue et d'un chapeau en cuir bouilli.

Les maîtres de bateaux étaient le plus souvent propriétaire de 3 à 4 bateaux. Ils employaient les mariniers, salariés à la journée ou à l'année, et assumaient les autres frais.
Ceux du halage tout d'abord, à la remontée, il s'effectuait par les hommes ou les animaux de trait. Le plus souvent des chevaux et des boeufs  accouplés tractent trois ou quatre bateaux, donc une circulation en convoi. En fonction de l'importance du chargement, il est nécessaire qu'il y ait deux ou cinq chevaux, ou bien deux ou quatre boeufs. Certains maître de bateaux gardent les animaux pendant tout le voyage et les font redescendre en bateau. D'autres relaient leurs animaux après un jour entier de traction.

Les gabarres, chargées et équipées, partaient avec, au minimum, trois à cinq hommes à bord, en plus des hommes d'équipage (d'un conducteur, de deux ou quatre rameurs).
A la descente, on naviguait à la rame et la remontée s'effectuait dans la majorité des cas à pied ou par bateau d'allège.

 

Le commerce

Les périodes de navigations jusqu'à Bordeaux s'étendaient d'octobre à juin et les mois de juillet, août et septembre étaient réservés aux travaux d'entretien et d'amélioration des écluses.

La descente

Selon les régions, à la descente, le fret se composait de minerais et de produits agricoles divers, de vins (Fronton, Gaillac, Cahors, vins de l'Aveyron, du Lot, du Brulhois, vins du haut pays...), de matériaux de construction, de produits métallurgiques et aussi de merrains qui sont des pièces de bois de chêne ou de châtaignier pour la confection des fûts, de bois de chauffage et de bois destiné à la charpenterie de marine.

La remonte

La remonte concernait des produits tels que le sel, les produits des colonies (épices, sucre, café...), le poisson séché et notamment la morue salée à l'origine de certaines recettes régionales comme la brandade Parmentier ou l'estouffade (ou l'estofinado en Aveyron). « Vers 1850, le transport fluvial sur gabare assurait 60 % des échanges de marchandises entre Puy l'Evêque et Bordeaux. »

Stockfish

Dans le courant du XIXème siècle, au retour de Bordeaux, les hommes rapportaient épices et poissons de mer, notamment la fameuse morue séchée et fumée appelée "Stockfish". (Les hommes émigrés de Pologne venus travailler au bassin minier de Decazeville firent découvrir le plat à la population locale). Les Occitans l'appelèrent alors "Estofis" et nommèrent "Estofinado" son dérivé préparé avec des pommes de terre.

Ce plat est constitué de morue de Norvège séchée appelée stockfish, pomme de terre, huile de noix, œuf, persil.

Rebaptisé estofinado, c'est le plat de prédilection de la vallée du Lot et du Dourdou. De tout le Bassin de Decazeville, du Villefranchois et de la région de Capdenac.

L'estofinado est un paradoxe culinaire, car l'Aveyron n'est pas vraiment producteur de morue.

 

 

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